Les deux servent à avoir du 230 V là où il n'y a pas de prise. C'est à peu près tout ce qu'ils ont en commun. Un groupe électrogène brûle du carburant pour entraîner un alternateur ; une station électrique portable stocke de l'électricité dans une batterie et la restitue par un onduleur. Le choix ne se joue pas sur le prix, mais sur trois questions.
1. Où allez-vous vous en servir ?
C'est la question qui tranche le plus souvent, et elle ne se discute pas. Un groupe électrogène produit du monoxyde de carbone, un gaz inodore et mortel. Il ne se met jamais en marche dans un garage, sous un auvent, dans une cellule de camping-car ou même à proximité d'une fenêtre ouverte. Une station n'a ni combustion ni échappement : elle fonctionne à l'intérieur, dans une tente, sur un bateau, à côté d'un lit.
Le bruit va dans le même sens. Un groupe portable tourne entre 55 et 70 dB à quelques mètres, soit une conversation soutenue en continu. Beaucoup de campings et la plupart des ports l'interdisent purement et simplement, et le voisinage s'en souvient. Une station est silencieuse, à l'exception d'un ventilateur qui se déclenche sous forte charge.
2. Combien de temps, et pour quoi faire ?
C'est là que le groupe électrogène garde un avantage réel, et il faut le dire. Sa réserve n'est pas dans l'appareil mais dans le bidon : tant qu'on le réapprovisionne, il continue. Pour alimenter un chantier une journée entière, faire tourner une bétonnière ou tenir une maison plusieurs jours après une tempête, rien ne le remplace à budget égal.
Une station, elle, a une réserve finie, exprimée en wattheures. Une station de 1 024 Wh restitue environ 850 à 900 Wh utiles ; passé ce seuil, il faut la recharger — sur secteur, sur allume-cigare, ou avec un panneau solaire, ce qui prend des heures et non des minutes.
Autrement dit : le groupe gagne sur la durée et sur la puissance brute, la station gagne sur tout le reste.
3. Qu'est-ce que vous acceptez d'entretenir ?
Un groupe électrogène est un moteur thermique. Il demande de l'huile à surveiller, une bougie, un filtre, un carburant qui s'évente en quelques mois et une mise en route régulière sous peine de carburateur encrassé. Un appareil laissé six mois au fond d'un garage démarre rarement du premier coup, et c'est en général le jour où on en a besoin.
Une station ne s'entretient pas. Elle se recharge deux ou trois fois par an si elle dort, et c'est tout. Les cellules lithium fer phosphate (LiFePO4) utilisées sur nos stations Volta acceptent plusieurs milliers de cycles et supportent mal une seule chose : rester longtemps à zéro.
Le tableau que personne n'écrit
Un groupe de 2 000 W ne remplace pas une station de 2 000 W dans l'usage. Le groupe fournit ces 2 000 W pendant des heures ; la station les fournit aussi, mais quelques dizaines de minutes seulement, parce que sa réserve s'épuise. Inversement, une station de 1 000 W tient toute une nuit sur un réfrigérateur et un éclairage, là où le groupe aurait tourné bruyamment pour trois fois rien.
La règle courte : forte puissance longtemps, c'est le groupe. Puissance modérée, en intérieur, sans bruit et sans entretien, c'est la station.
Et pour un van ou un camping-car ?
La station l'emporte presque toujours, pour une raison prosaïque : on ne transporte pas d'essence dans un espace de vie, et on ne fait pas tourner un moteur la nuit sur une aire. La question devient alors le dimensionnement, que nous traitons dans Batterie nomade pour camping-car : comment bien la dimensionner.